Chroniques d'une station-service

Chroniques d'une station-service

Alexandre Labruffe

Verticales

  • par (Libraire)
    18 juin 2020

    Drôle !

    C'est un premier roman.
    Comme l'indique le titre, le narrateur est pompiste.
    Et comme on peut l'imaginer aisément, le fux fluctuant des êtres qui passent par la station-service laisse traces.
    On perçoit des hommes, des femmes et enfants, pressés, harrassés, affamés, habitués ou de passage de nécessité seulement.
    Le lieu nous est donné à voir par cet homme au regard un tantinet décalé, qui le transforme en salle de jeu de dames, jeu auquel il s'adonne avec un ami en débattant de la vie qui va, de lieu d'expositions ou de débats à bâtons rompus selon qui vient là ou l'humeur du moment.
    Il fait son boulot certes, mais on le sent davantage happé par ceux qu'il voit passer par là et ce qu'il imagine d'eux que par la caisse qu'il s'échinerait à recompter.
    Il nous livre ses questionnements, ses interprétations quelque peu surréalistes sur les clients, sa propre vie autant que LA VIE en général.
    Il est doté d'un humour ravageur, pince sans rire, d'autant qu'on sent qu'il ne fait pas exprès d'en user, et ses réparties poétiques ou bien senties nous laissent songeurs, voire perplexes.
    Quelques pépites laissent souvenir tenace et là, maintenant, s'esquisse un sourire rien que d'y repenser...


  • par (Libraire)
    23 septembre 2019

    Avant de commencer à lire ce livre, se dire qu’une station-service n’est pas une épicerie ou une quincaillerie où il y a toujours à faire. Lorsque le client se fait rare, le pompiste peut s’ennuyer. Alors, "ce pompiste déphasé qui fait tout sauf gérer sa station-service" prend le temps de nous narrer ce qui constitue sa vie : ses clients, la jeune femme asiatique qui vient chaque jour acheter des chips à l’oignon, sa passion pour Baudrillard, ses recherches cinématographiques, ses rêves d’amour et d’érotisme, les films qu’il visionne, les remarques de son patron, les expos photos clandestines qu’il organise dans sa capsule, la baraque inhabitée qu’il surveille, le code qu’il découvre dans un livre…
    Tout cela est narré dans presque 200 courts chapitres. Le pompiste jette un regard acéré sur le monde qui lui amènent ses clients, regard que son imagination débordante enrichit (ou travestit). L’écriture est inventive et vive, teintée d’humour, parfois acide.
    Ce livre est une lecture agréable qui saura réconforter et distraire le lecteur qui vient de se taper un gros roman social d’une noirceur sans égale. C’est aussi un objet de curiosité en raison de sa construction. À découvrir.


  • par (Libraire)
    9 septembre 2019

    Coup de coeur de Rémi

    J'ignore pourquoi, mais j'ai toujours trouvé que la station-service est un lieu romanesque et évocateur. Le monde semble s'accélérer autour d'elle, on ne s'y arrête que pour en repartir plus vite, sans y revenir jamais.
    Mises bout à bout, les stations services forment la plus grand salle des pas perdus du monde.

    Et le troufion de base du capitalisme, derrière sa caisse, attendant d'être obsolète, est la sentinelle.

    Alexandre Labruffe se met dans la peau du pompiste et tient son journal de bord, à la fois mélancolique et drôle, sur ce petit monde dans le Monde. Déboires, clients, bons mots, réflexions, un brin de poésie. Lui s'emmerde ferme, nous jamais.

    Etonnant !