Rémi G.

Des rêves à tenir, Roman
18,00
par (Libraire)
18 juillet 2020

Coup de coeur de Rémi

La partisans de la Langouste se rassemblent au bistrot, pour boire un coup, cancanner (j'aime bien ce mot) rêver d'un monde meilleur, et organiser des happenings.
Et il y a l'attente, surtout, d'un truc. D'un gros truc, pour VRAIMENT changer le monde.
Et ils apprennent par hasard la naissance d'une ZAD maritime, en Méditerranée.
Grosso modo.

Le délice de ce roman tient dans l'écriture, d'une infinie sensibilité, et par les personnages extrêmement attachants, très beaux, et, surtout, qui réhabilitent l'utopie comme manière de vivre et d'agir.

Il est possible aussi que j'y ai lu les plus belles pages sur le bord de mer, sur le vent qui y souffle et la sensation d'infini qui y règne.

Je pardonne même à l'auteur les quelques pages sur la ZAD à proprement parler, que j'ai trouvé, pour le coup, beaucoup moins réussies que la période de l'attente, du début du roman.

Ohio, Roman

Roman

Albin Michel

22,90
par (Libraire)
18 juillet 2020

Coup de coeur de Rémi

Une très belle surprise de cette rentrée !

Comme d'habitude, l'histoire se passe dans l'Amérique-des-laissés-pour-compte gniagniagnia (à force d'en lire, c'est à se demander s'il existe, quelque part, une Amérique-des-winners).
Comme d'habitude, c'est un récit d'adolescence, avec tout ce que le mythe américain transporte: le football américain et les têtes à claques qui y jouent, le Dinner, le Lounge, les caisses pourries, la picole, les évangéliques, blablabla.
Comme d'habitude, les personnages ont grandi, se recroisent adultes (par hasard ?) et ressentent assez cruellement le poids des illusions perdues.
Voilà.

Mais
C'est
Vachement
Bien !

Tout le texte tient par la densité étonnante que l'auteur donne à ses personnages ;
à leurs diversités, à leurs questionnements, à leurs déceptions ;
par l'acuité épatante avec laquelle il met des mots sur ces années lycées, vécues intensément par tous, et qui semblent conditionner tellement de trucs ;
par la tension qu'il arrivent à distiller pour porter une intrigue, d'abord en sourdine, avant de laisser tout éclater sur un final tambour battant.

Ce livre est un régal.

Betty

Éditions Gallmeister

26,40
par (Libraire)
18 juillet 2020

Coup de coeur de Rémi

Bon.

Ecoutez-moi bien.

C'est écrit sur la fiche : 720 pages.

Et bien laissez-moi vous dire ceci : IL N'Y A PAS UNE SEULE PAGE DE GRAS.

Le pitch est simple, et a déjà été écrit. Betty a 10 ans au début de l'histoire, elle en aura 20 à la fin, et tout aura changé.
Le fond, la forme, les personnages, leurs profondeurs, et l'amour profond qui lie les membres de la famille Carpenter. Voilà, par contre, où se situe le prodige de ce livre.

En fait, toute la famille tient ensemble grâce au père, Landon (Laissez-moi vous assurer que vous n'oublierez pas Landon Carpenter), un personnage lumineux, qui irradie littéralement ce texte, et qui console et aide ses enfants comme il peut, au travers des légendes cherokees qu'il raconte et qu'il invente au gré des circonstances.
Il tient tout ce petit monde, Betty (la-fille-la-plus-forte-du-monde) aussi, et il en faudra du courage pour supporter les drames et les horreurs qui gravitent autour et dans la famille Carpenter.

Une lecture extraordinaire, intense de bout en bout.

LE livre à ne pas rater.

Chronique écrite en juillet 2020, par RémiNostradamus qui prédit un grand avenir pour ce livre.

Terra Ignota, 1, Trop semblable à l'éclair, TERRA IGNOTA - LIVRE PREMIER

Terra ignota - livre premier

1

Le Bélial

24,90
par (Libraire)
16 juin 2020

Coup de coeur de Rémi

En 2400 et des poussières, le monde a bien changé. D'autant qu'avec l'invention de la voiture individuelle capable de joindre Paris et Tokyo en 2h, il n'a fallu que quelques générations pour que tous les socles explosent : Nations, État, Patrie, Famille.

Dans ce monde où les gens se regroupent par Ruches et par bash (en lieu et place de la famille), l'idée de Dieu est bannie. Mais Mycroft Canner croise un enfant capable d'opérer des miracles, et c'est tout l'équilibre du monde qui vacille.

Soyons franc. Ce bouquin se mérite, car la langue est inventive, et l'intrigue complexe. Tout n'est pas dit dans ce premier tome foisonnant, mais cela laisse entrevoir un univers fascinant et fragile. Au lecteur d'accepter de tâtonner un peu...

Mais c'est un texte génial, stimulant pour l'esprit et pour le coeur. Profond, ambitieux, vertigineux.

Il est des hommes qui se perdront toujours
par (Libraire)
5 mars 2020

Coup de coeur de Rémi

La langue française est riche de milliers de mots, et certains ne s’utilisent à bon escient qu’à de très rare cas. Prenez le mot « connard », par exemple.
Ce mot s’applique intégralement à Karl, le père des trois héros de ce livre. Du début à la fin, Karl ne vous décevra pas, ne vous surprendra pas. Il frappe, il humilie, il se sert de ses enfants, il les méprise, il ignore sa femme et ne nourrit de regret sur rien. Jamais.

Voilà dans quel milieu Karel, son fils, grandit, en banlieue marseillaise, avec son frère et sa sœur, ses compagnons d’infortune. Un souffle d’air viendra quand il s’aventurera dans la communauté gitane, à deux pas de chez lui, où il découvrira l’amour, l’amitié, l’aventure, mais pas encore la liberté, ni la confiance en soi, ni la paix, puisque, comme l’annonce le quatrième de couverture « la seule chose qui dure toujours, c’est l’enfance, quand elle s’est mal passée ».

Rebecca Lighieri signe un roman coup-de-poing sur une enfance massacrée. Le lecteur retrouvera, je crois, le portrait social d’une France fracassée dans les années 90 que l’on pouvait lire dans le Goncourt (lorrain) de l’an passé Leurs enfants après eux, mais nourrit de plus de noirceur, de violence, d’anormalité, de lubricité (en même temps, peut-on réellement faire un roman adolescent sans sexe ?), d’inquiétude.
Bref, ce livre est superbe. Vraiment superbe.