Rémi G.

Jardins de poussière
24,90
par (Libraire)
12 décembre 2019

Coup de coeur de Rémi

Avec Jardins de Poussière, Ken Liu confirme son talent exceptionnel d’écrivain. Après La Ménagerie de Papier, il y a quelques années, qui avait raflé tous les prix, Les éditions du Bélial’ rempile avec ce nouveau recueil de nouvelles.

Au programme : de l’anticipation, du transhumanisme, de l’archéologie spatiale, un gros tunnel, et le désarroi, évidemment, des petits cœurs vaillants face aux grands changements du monde.

Mais ne fuis pas devant l’ennemi, lecteur fébrile ! Voilà une SF accessible et riche, sans prérequis, sans long blabla scientifique, sans délire quantique, mais avec de la poésie, de l’humanisme, et une plume limpide et belle, qui plus est !

Ken Liu est un magicien, il sait tout faire, passant de l’exploration spatiale au conte merveilleux chinois, du journal de bord à la fresque ; et surtout, surtout, le résultat est un concentré d’intelligence, de sensibilité et de vertige. Indispensable !

ABIMAGIQUE
8,90
par (Libraire)
9 septembre 2019

Coup de coeur de Rémi

Il n'y a que les libraires pour être saisi de ce syndrôme étrange de BSBGMQVV : Bon Sang ce Bouquin est Génial Mais à Qui Vais-je le Vendre ?
Au programme : sexe, mantra, drogue, fantastique, fin du monde.

Le récit ennivrant d'une étrange histoire d'amour entre notre héros (Son nom m'échappe. Possible qu'il n'en est pas !) et Abi, une jeune femme envoûtante et mystérieuse, sensuelle et violente, mutique et manipulatrice.

L'amant, lui, est sous le charme (sous le contrôle ?), mais constate que quelque chose cloche. Qui est elle ? Qui est cet homme qui le met en garde ? Qui sont ces deux Men in Black qui sont venus en son absence ?

Dans une atmosphère constamment poisseuse et sensuelle, Lucius Shepard nous envoûte par sa langue et son imaginaire dépaysant, étonnant, inquiétant, où le lecteur acceptera (je l'espère) de ne pas avoir toutes les réponses...

J'oubliais : j'a-do-re-Lu-cius-She-Pard.

Ici n'est plus ici
21,90
par (Libraire)
9 septembre 2019

Coup de coeur de Rémi

Tout commence par un prologue coup-de-poing sur l'histoire sanglante des amérindiens, histoire de rappeler de quoi qu'on parle, et d'appeler un chat un chat et un génocide un génocide.

Puis, vient notre époque. Assez vite. Et Tommy Orange, qui ne s'excuse pas d'être descendant d'autochtones, dresse le portrait d'une galaxie d'indiens d'aujourd'hui, avec leurs déboires, leurs misères, leurs pertes de repères, tout en faisant l'inventaire, finalement, de "ce qui reste" : les pow-wows, quelques contes et légendes, des trucs qui se refilent de génération en génération...
Pas grand chose, en somme, mais ce qui est rare est cher.

Le roman se lit comme un diesel qui accèlère sur la deuxième partie, lorsqu'on comprend vite que nos personnages épars seront les acteurs d'un immense pow-wow, sur lequel plane une inquiétante menace.

Si le style oscille entre le bon et l'excellent, si la construction du roman très à l'américaine (galerie de portraits convergeant vers une fin en apothéose) reste assez convenue, Tommy Orange emporte l'adhésion avec la puissance de ses personnages, et l'infinie compassion qu'ils nous inspirent !

Vraiment très bon !

Chroniques d'une station-service
par (Libraire)
9 septembre 2019

Coup de coeur de Rémi

J'ignore pourquoi, mais j'ai toujours trouvé que la station-service est un lieu romanesque et évocateur. Le monde semble s'accélérer autour d'elle, on ne s'y arrête que pour en repartir plus vite, sans y revenir jamais.
Mises bout à bout, les stations services forment la plus grand salle des pas perdus du monde.

Et le troufion de base du capitalisme, derrière sa caisse, attendant d'être obsolète, est la sentinelle.

Alexandre Labruffe se met dans la peau du pompiste et tient son journal de bord, à la fois mélancolique et drôle, sur ce petit monde dans le Monde. Déboires, clients, bons mots, réflexions, un brin de poésie. Lui s'emmerde ferme, nous jamais.

Etonnant !

Une bête au paradis, Roman
18,00
par (Libraire)
18 juillet 2019

Coup de coeur de Rémi

Dans ce roman magnifique et cruel, Cécile Coulon dresse des portraits de femmes bouleversant et juste. La dureté du travail de la terre, les déchirements des huis clos familiaux, l'amour vache et l'amour tendre, tout est rendu avec une langue lyrique absolument magnétique.

Fascinant de bout en bout, bouleversant, romanesque aussi, ce texte confirme, s'il le fallait (il ne le fallait pas), le talent de Cécile Coulon.