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Le Carnet À Spirales .

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Les lectures de l'équipe du Carnet à spirales pour vous aider dans vos choix, vous accompagner dans vos nuits blanches, dans vos heures d'évasions romanesques.
Peu adeptes des étoiles nous avons décidé d'en donner 5 par défaut à nos recommandations.
Au plaisir de vous lire et de vous recevoir au Carnet à spirales

La Couleur du lait
28 mars 2020

La couleur du lait

Été, automne , printemps, hiver, La couleur du lait se découpe naturellement au rythme des saisons dans la campagne anglaise du Dorset. Avec poésie, on retrouve une famille de paysans pour qui les journées sont difficiles et fatigantes, se résumant en deux mots : travail et misère.
Été, automne , printemps, hiver, Mary écrit ce livre de sa propre main en l’an de grâce 1831. Elle a 15 ans et le besoin urgent de raconter sa vie, parler de beauté, de nature, du rythme rassurant de ses journées et des petits plaisirs comme la tendresse qu’elle a pour son grand-père. Mais aussi bien sûr, elle raconte les nuances et les difficultés de son quotidien avec un père violent, une mère détachée et des sœurs moqueuses, puis le drame...
Été, automne, printemps, hiver, son père l’envoie travailler et vivre chez le pasteur Graham pour servir et tenir compagnie à sa femme mourante. A ce moment, Mary jeune femme rayonnante, franche et simple va découvrir un monde que tout oppose, plein de manières et d’hypocrisie. Un milieu qui va lui permettre de s’émanciper via l’apprentissage de la lecture mais… à quel prix ?
Une tragédie bouleversante racontée avec la sensibilité, les mots, les fautes de conjugaison et de syntaxe de Mary. Comment ne pas s’attacher à ce petit bout de femme ? Un livre que j’ai lu d’une traite, qui m’a touché en plein cœur, et qui m’a permis de redécouvrir, tel une madeleine de Proust, les plaisirs de l’apprentissage de la lecture.

La soustraction des possibles
27 mars 2020

A part dans les palaces helvétiques, les yachts de 100 m de long et les domaines californiens ou tropéziens de 10 000 hectares, où donc se confinent les ultra riches ? Eh bien par exemple dans le nouveau et grand et puissant et caustique et formidable et intelligent roman de Joseph Incardona "La soustraction des possibles" . L'intrigue se déroule en Suisse (quel hasard) fin des années 80 début des années 90 en plein effondrement du bloc communiste. L'argent est un virus intemporel qui se balade indifféremment d'époque en époque .

Nous voilà donc catapultés à Genève en 1989, ambiance feutrée derrière les clôtures de villas luxueuses, voitures de sport rutilantes, façades cossues dissimulant des coffre-forts, femmes raffinées de banquiers et de PDG. Justement, Aldo est professeur de tennis pour ces dames et il cultive une passion évidente pour leur joli postérieur et encore plus pour le compte en banque de leur mari. La dernière en date, une quinqua bien conservée, tombe raide dingue de lui et lui offre la possibilité d'amasser des billet et de se faire un nom au sein de cette société hyper cadenassée. Mais à force d'avoir les dents si longues qu'elles rayent le parquet, on finit par se les casser, surtout quand on est prof de tennis de petite extraction et que l'on tombe amoureux pour de bon d'une jeune financière superbe qui vient aussi d'un milieu prolétaire et qui a des canines encore plus proéminentes. Blanchiment d'argent, évasion fiscale, filles de l'Est, banquiers véreux, mafia corse, élimination de témoins gênants... Joseph Incardona passe tout au crible de son écriture acérée et de son humour décapant. Amour, gloire et beauté, c'est à dire en langage de riches, stupre (et stups aussi), pouvoir et fric.

Joseph Incardona, : vaccin contre la bêtise garanti sans effets secondaires sauf lucidité et humour.

A prendre sans modération en infusion du soir ou directement en intraveineuse.

Extases, Les montagnes russes

Les montagnes russes

Casterman

27,95
25 mars 2020

Extases

Voici le retour flamboyant de Jean-Louis Tripp, un des auteurs du Magasin Général, pour son tome 2 d’Extases.
Mais Extases qu’est-ce que c’est ? Pour ceux qui ne connaissent pas, ce n’est pas une BD comme les autres. C’est un bijou d’intimité, un morceau de vie sans tabou de l’illustrateur sur sa sexualité. Comme il le dit si bien, il s’agit d’une sorte de « coming out » sur sa vie amoureuse révélée au plus grand nombre. Il n’a pas pour but de choquer mais c’est avec respect, bienveillance et spiritualité qu’il parle de ce sujet qui pour lui semble trop diabolisé dans notre société : « Nous aimons l’amour et le plaisir. La nature nous a fait ainsi. Mais hélas, nous intégrons dès l’enfance, que notre sexualité est une chose sale et honteuse, une chose avec laquelle on est bien obligé de composer, mais qu’il faut tenir caché. ». Jean Louis Tripp parle avec justesse et sincérité de ce que se passe dans son lit... et au plus profond de lui ! C’est avec générosité et humour qu’il partage les différents amours, désirs et paradoxes traversant sa vie tout en faisant un travail d’introspection. Le premier tome raconte sa jeunesse et ses premiers émois. Le tome 2 est donc la suite de ses expériences avec toujours autant de finesse, d’intelligence et de joie. Le travail graphique est pertinent, il accompagne avec brio sa réflexion et son sens du récit est tout à fait bluffant.
Alors évidemment, je préfère vous dire ce n’est pas à mettre entre toutes les mains, c’est cru mais jamais vulgaire.
Bref 368 pages savoureuses et joyeuses !

Manières d'être vivant,  enquêtes sur la vie à travers nous

enquêtes sur la vie à travers nous

Actes Sud

22,00
22 mars 2020

Baptiste Morizot, vous m’avez scotchée et je vous en remercie. Votre livre admirable vient de me remettre à ma place, ma place d’humaine, d’être vivant parmi dix millions d’autres espèces, de co-locataire de la planète alors que nous nous comportons, les 7 milliards et moi et moi et moi, comme des propriétaires, et que les règles du syndic ne donnent pas voix au chapitre aux autres, à savoir les arbres, les plantes, les vers de terre, les araignées, les oiseaux, les gorilles….
Vous venez de me rappeler humblement, sans me juger, que je ne suis pas au-dessus des autres espèces même si je possède une mastercard, une voiture, un portable, des chaussures à talons et un tailleur haute couture. Vous venez de me rappeler que mon arrière-arrière-arrière-arrière……..grand-mère était sans doute un lézard et que j’arbore fièrement et sans scrupules aujourd’hui un sac en croco.
Alors j’espère aujourd’hui qu’elles rient, toutes les autres espèces, en nous voyant confinés dans nos terriers comme du gibier tremblant devant ce prédateur invisible au nom barbare. Oui riez, primevères, acacias, boutons d’or, charmes, frênes, orties….nous qui vous considérons au mieux comme un décor, au pire comme une vilaine excroissance à arracher. Oui moquez-vous, abeilles, mésanges bleues, roitelets, hirondelles, loups, cerfs, ours polaires….nous qui vous considérons comme des sous-espèces alors que sans vous nous ne serions rien, nous qui avons oublié depuis belle lurette vos langages, qui ne distinguons ni le chant du loup, ni celui de la bergeronnette..
Du fond de mon terrier, je vous demande pardon et essaierais d’apprendre, ainsi qu’à mes deux garçons et mes deux filles, d’autres « manières d’être vivant ».

Merci cher Baptiste Morizot pour vos réflexions dont la beauté et l’humilité n’ont d’égales que la finesse et l’intelligence de votre écriture. Votre livre rejoint désormais mon chevet et je vous invite, nous vous invitons, à rejoindre quand vous le souhaiterez, notre librairie, où nous pourrons partager et échanger en espèce responsable et respectueuse.

Dix petites anarchistes
22 mars 2020

Dix petites anarchistes

1873 à Saint-Imier en Suisse, dix Femmes avec un grand F : Colette, Juliette, Emilie, Jeanne, Lison, Adèle, Blandine, Germaine, Mathilde et Valentine ; dix femmes qui n’ont plus rien à perdre. Dix femmes qui rêvent d’une vie meilleure. Inspirées par l’ardeur de la Commune de Paris, des conférences dans leur village de Bakounine, elles veulent choisir et sortir du carcan du rôle d’ouvrière, d’épouse, de femme ménagère et de mère ; être libre, s’épanouir, rêver, créer son paradis. Pour ça, il suffit d’un peu d’imagination, beaucoup de culot et énormément de courage. Alors elles partent très loin dans des conditions de voyage difficiles pour aller en Patagonie puis à Buenos Aires en passant par l’ïle de Robinson Crusoé. Elles cherchent l’endroit idéal afin de satisfaire leur projet, créer une communauté, leur communauté anarchiste et rencontrer sur leur chemin de grandes figures révolutionnaires comme Louise Michel et Errico Malatesta. Bref dix rebelles avançant au rythme de leur slogan « Ni Dieu, ni maître, ni mari ».

S’appuyant sur des faits historiques l’auteur, via Valentine la narratrice, parvient à prendre du recul sur cette utopie parfois un peu trop grandiloquente. Elle est critique sur cette folle aventure aux grands idéaux et consciente que les mots ne font pas tout. Malgré tout, lisez et partez grâce à ce roman les cheveux au vent et des étoiles dans les yeux !