Le gang des barbares, chronique d'un fiasco policier
EAN13
9782012372627
ISBN
978-2-01-237262-7
Éditeur
Fayard
Date de publication
Collection
ESSAIS ET DOCUM
Nombre de pages
283
Dimensions
2 x 1 x 0 cm
Poids
392 g
Langue
français
Code dewey
363.25
Fiches UNIMARC
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Le gang des barbares

chronique d'un fiasco policier

De

Fayard

Essais Et Docum

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1.?>Shabbat maudit?>Ilan ne sait pas précisément ce qu'il va faire ce vendredi soir du 20 janvier, après la soirée de shabbat qu'il passe traditionnellement chez sa mère, Ruth, dans le XIIe arrondissement de Paris. Mais une chose est sûre : il n'a pas trop envie de rentrer chez lui, rejoindre son amie Stéphanie – que tout le monde a l'habitude d'appeler Mony – dans leur petit appartement, rue de Wattignies.À 18 h 55, les deux jeunes gens se parlent au téléphone, après qu'Ilan a reçu un SMS de Mony lui enjoignant de rentrer ; il lui annonce qu'il a rendez-vous avec un collègue prénommé Fred et il raccroche. Alors que se consument les bougies du jour saint des juifs, Ilan appelle ses « potes », Jérémy, Fred, Karim, et leur envoie des textos.À 22 h 30, il quitte le domicile maternel à bord de sa Twingo grise, non sans avoir de nou veau parlé avec Mony : il lui confirme qu'il va rejoindre Fred, qu'il rappelle aussitôt sur son portable. Sur le chemin, il téléphone également à Karim. Sont-ils libres ce soir ? Ont-ils un « plan sortie », comme la veille, où les trois comparses sont allés écouter de la musique et boire des coups à l'Élysée Montmartre ? Pour son grand malheur, aucun de ses amis n'est libre ce soir.Mais qu'à cela ne tienne, Ilan sortira quand même. Il doit certainement penser à cette jeune femme d'une vingtaine d'années qu'il croit être nord-africaine, et qu'il a décrite comme « petite », voire « rondouillarde », mais incroyablement sexy à ses camarades : Yalda. Trois jours auparavant, elle l'a ouvertement branché dans la boutique de téléphonie mobile où il travaille, lui soutirant son numéro de téléphone portable et la vague promesse d'un rendez-vous galant.Ce vendredi, à 22 h 24, précisément, elle l'appelle, pour le relancer, d'une cabine téléphonique près de la porte d'Orléans. Que se sont-ils dit ? On ne le saura pas. Toujours est-il que c'est elle qu'Ilan ira rejoindre, quelques minutes plus tard, à Paris, puis ils prennent ensemble la direction de Sceaux. C'est dans cette petite ville calme et sans histoire de la banlieue sud, près de la faculté Jean-Monnet, que les policiers localisent par la suite pour la dernière fois le portable allumé d'Ilan. Il est 0 h 44 et sa vie, comme celle de ses proches, bascule dans un enfer sans nom.Ainsi commence le récit d'une incroyable traque policière. Trois semaines de filatures, de tâtonnements, de fausses pistes et d'opérations ratées de peu, avec d'un côté les limiers de la Crim, la légendaire Brigade criminelle parisienne, et de l'autre le « gang des barbares », ce groupe de jeunes de Bagneux, constitué par Youssouf Fofana, qui a séquestré et torturé à mort Ilan Halimi.Un échec douloureux et cuisant, le premier essuyé par le 36, quai des Orfèvres dans une affaire de kidnapping. Et qui laissera des traces à tous les niveaux de la PJ, des simples enquêteurs et policiers, dont certains sortiront fortement ébranlés par cette affaire, à leurs supérieurs qui, plusieurs mois plus tard, auront toujours du mal à justifier les choix qu'ils ont effectués dans l'enquête.L'« affaire » Ilan Halimi. Outre l'émotion suscitée dans l'opinion publique par sa rare violence, ses motivations racistes et la mobilisation de la communauté juive, il s'agit avant tout d'une affaire policière. Une affaire où la « baraka », cette légendaire chance des fins limiers, a été dramatiquement absente du côté des policiers, alors qu'elle semble ne jamais avoir fait défaut aux ravisseurs du jeune homme.Ces derniers présentent un profil de jeunes banlieusards lambda, toutes origines confondues. Le « gang des barbares » se révèle être un curieux mélange de Pieds nickelés (des« neuneus », dira un enquêteur) et de jeunes férus de nouvelles technologies (téléphones portables, Internet), capables d'embrouiller et de semer les meilleurs flics de France. Ils avaient l'« intelligence du vice », diront les policiers. Une intelligence qui aurait pris le dessus sur le professionnalisme de la centaine de policiers mobilisés sur cette affaire. « Nous n'avons pas eu de chance, pas une seule fois », se plaignent encore aujourd'hui les patrons de la Crim. « Sans être mathématique, notre boulot consiste, pourtant, à mettre toutes les chances de notre côté », avancent d'autres policiers, mettant implicitement en cause la stratégie choisie par leurs supérieurs.
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